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Matmatah. Voyage au bout de la cinquième nuit.

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C’est dommage. Dommage que je n’ai pas gagné un euro chaque fois que quelqu’un m’a demandé pourquoi le site internet de mon book en ligne s’appelait Cinquième nuit. C’était pourtant assez simple. Le cinquième jour, celui où le créateur avait inventé les poissons, c’était le vendredi. Et le vendredi, c’était le dernier jour de la semaine (merci mon dieu), celui qui annonçait les nuits jusqu’à pas d’heure, dans cet endroit un peu mythique que j’avais découvert à mon arrivée à Brest. Le Vauban.

Ah ! Le Vauban. Je ne compte plus le nombre de concerts que j’y ai vus, le nombre de nuits passées dans cette salle de concerts, cet endroit merveilleux pour l’amateur de musiques et d’images que je suis. J’ai tellement de souvenirs dans cet endroit, que ma mémoire a dû en évacuer des pans entiers, plus ou moins glorieux. Qu’importe. Le Vauban restera à jamais le haut lieu flamboyant de la culture brestoise. Ce lieu dont Mistinguett disait, après une guerre qui avait massacré la ville, qu’il était le symbole de la renaissance de la vie.

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Cinquième nuit avec Matmatah.

J’en ai passé des nuits, à sillonner cette ville, du sud au nord, d’est en ouest. Du Vauban à La Carène, du Mac Orlan au Quartz, scène nationale. Comme le passager de la chanson des Stooges, j’ai traîné dans les endroits les plus élégants jusqu’aux bas fonds du port de commerce, dans des bouges qui sentaient la bière et la bonne chaleur de l’animal, pour reprendre les termes d’un illustre brestois. Mon corps a parfois regretté de ne pas être rentré plus tôt, mais ce que j’ai vécu personne ne pourra jamais me le voler. Une bonne photo faite n’est plus à faire, même si l’inverse est vrai. J’ai traîné mes godasses et mes reflex pour capturer des images, histoire de pouvoir témoigner, un jour de toutes mes cinquièmes nuits, tant elles furent nombreuses. C’est comme ça que le projet Cinquième nuit est né, il y a quinze ans.

• Matmatah. Rendez-vous au P’tit Minou.

Vendredi 17 février 2017. Port de commerce de Brest, à deux pas des grues géantes qui signent l’identité de cette ville, il y a un bar. C’est le P’tit Minou, clin d’œil à un lieu prisé des brestois, là-bas, un peu plus au nord, à Locmaria Plouzané. C’est là que j’ai rendez-vous pour une énième cinquième nuit et pas avec n’importe qui. Ce soir, c’est le retour de Matmatah, qui rompt le jeûne après neuf longues années d’abstinence, de silence et de pénitence. Matmatah revient à Brest, une semaine avant d’aller mettre la ouache au Vauban, un concert déclaré sold out trois heures après sa mise en vente.
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Le groupe brestois qui revient jouer dans un bar de Brest, voilà qui rappellera quelques souvenirs du siècle dernier, quand les Tricards Twins écumaient les estaminets brestoâs. La veille, déjà, les Mat’ nous ont servi cinq ou six titres à l’espace Avel Vor de Plougastel, mais ce soir, la set list est nettement plus cossue et mine de rien, les garçons n’en mènent pas large. Et ça, c’est plutôt bon signe.

• Un pétard ou un Ricard…

La set list s’équilibre entre quelques titres du nouvel album (Plates coutures, dans les bacs début mars), dont « Marée haute », un titre d’actualité, « Retour à la normale », « Nous y sommes » et quelques chansons désormais classées au patrimoine de l’humanité brestoise et qui ont fait les belles nuits de la cité du Ponant. Comme « Emma », « Crépuscule dandy » et l’inénarrable « Lambé an dro » qui colla l’étiquette rock celtique aux basques de Matmatah aussi sûrement que la vérole sur le monde. Mais un hymne reste un hymne et le public a explosé aux premiers riffs identifiants ce titre, comme une signature musicale.

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Après de nombreuses années de silence, la flûte de Tristan Nihouarn rejuoue la mélodie de l’apologie (crédit photo Hervé Le Gall Cinquième nuit)

Ah ! Entendre le public reprendre en chœur « si dans l’bus tu t’es fait pécho deus da Lambé dober an dro » ça fait toujours son double effet kiss cool. Mais pas autant qu’un « Pétard ou un Ricard, si t’as vraiment le cafard… » évidemment. Il faut d’ailleurs remonter très loin pour se souvenir de Matmatah chantant « L’apologie » sur scène, pour les raisons judiciaires que l’on sait. Tristan Nihouarn, la flûte en main, jouant la phrase musicale de ce titre culte, le public reprenant chaque mot de la chanson, on n’aura pas fait le voyage pour rien.
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• Plates coutures. Dans les bacs le 3 mars.

Une douzaine de titres et on sait que l’affaire est dans le sac. La tournée de Matmatah annonce un retour gagnant. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder toutes les dates qui affichent des concerts complets, c’est un signe qui ne trompe pas. Mais le comeback des Matmatah n’est pas qu’un coup de nostalgie. Dans le public j’ai vu des têtes blondes qui n’étaient pas encore nées à l’époque de Rebelote et qui connaissent les paroles de « La cerise » sur le bout des doigts. Ça, c’est bon signe. Autant que les titres du nouvel album, « Plates coutures » qui s’annonce dans les bacs le 3 mars. D’ailleurs, de l’aveu même de Tristan, un nouvel album était une condition sine qua non pour un retour sur scène. Cette fois, nous y sommes. Matmatah is back in town. Mon voyage au bout de la cinquième nuit n’est pas prêt de se terminer…

voir la photo de Matmatah à l’Avel Vor le 16 février 2017

voir le site officiel du groupe Matmatah

• Matmatah en concert au P’tit Minou Brest, vendredi 17 février 2017, crédit photo Hervé LE GALL Cinquième nuit.

• merci à Matmatah (Tristan, Eric, Benoît, Manu, Julien), à Uptonpark (Julien), à Arsenal Prod (Marco), à Val, à Manu au son, Dan à la régie, à Cédric, Mathilde et au staff du P’tit Minou. Rendez-vous au Vauban.